top of page

Lettres

« J’ai de la difficulté à savoir si je peux être féministe et lire un roman comme Captive » : étude de la réception de romans sentimentaux new romance et dark romance sur la plateforme TikTok

Élisabeth Grégoire

Université de Sherbrooke

« J’ai de la difficulté à savoir si je peux être féministe et lire un roman comme Captive » : réception de la new romance et de la dark romance sur TikTok1 

Élisabeth Grégoire

Université de Sherbrooke (Canada)


Introduction

Le roman sentimental, genre dévalorisé dans les champs littéraires et savants, connaît aujourd’hui une popularité croissante. C’est du moins ce que révèle le Bilan Gaspard 2023, qui « remarque, en littérature, le bond de 53 % de la romance, la bonne vieille littérature sentimentale » (Lalonde, 2024). On assiste, dans les dernières années, à l’essor de la new romance et de la controversée dark romance, deux sous-genres du roman sentimental où les autrices érotisent une sexualité violente, des relations toxiques, et parfois même des violences à caractère sexuel. Ce dernier ramène en surface une ancienne inquiétude concernant les lectorats féminins : ceux-ci seraient vulnérables aux contenus subversifs véhiculés par les romans de new romance et de dark romance et seraient peu aptes à se distancier des fictions qu’ils lisent (Bigey et Olivier, 2010).

Avec l’avènement des réseaux sociaux, les lectrices3 ferventes de romans sentimentaux se tournent massivement vers des lieux alternatifs éloignés des lieux de légitimité littéraire intimidants, où elles peuvent partager leur passion sans jugement, tout en faisant partie intégrante d’une communauté. L’application TikTok4, où un microcosme de prescriptions littéraires appelé BookTok5 s’est développé depuis 2020, incarne l’un des espaces privilégiés pour les amatrices de romans sentimentaux.

L’apparition de BookTok entraîne aussi l’émergence d’une nouvelle figure de la prescriptrice littéraire amatrice : la BookTokeuse. Une BookTokeuse est une utilisatrice de l’application TikTok s’étant créé un compte où celle-ci partage du contenu en lien avec les livres et la littérature (Martens et al., 2022, p. 716). Le roman sentimental y tire bien son épingle du jeu, étant de loin le genre le plus recommandé sur l’application (Parmentier, 2022, p. 106). Par conséquent, la prescription de sous‑genres comme la new romance et la dark romance sur la plateforme alimente les discours alarmistes dans les médias quant aux pratiques de lecture des jeunes femmes. Pourtant, la production sentimentale, même antérieure, a toujours été caractérisée par sa violence, qui est un topos ancien. Marie‑Pier Luneau explique notamment que « [l]e roman sentimental anglo‑saxon, incluant les Harlequin, ­“a toujours soutenu cette forme de culture du viol […]. À toutes les époques, dans toutes les catégories de romance, il y a un rapport inégal entre les hommes et les femmes” […] ainsi que des agressions et des viols » (Luneau dans Lalonde, 2024). 

En ce sens, l’engouement des BookTokeuses pour ces deux sous-genres peut être perçu comme une façon de résoudre les contradictions quant à l’égalité hommes‑femmes qui persistent dans leur imaginaire (Illouz, 2014). En effet, il est maintenant admis que « […] le roman sentimental [est] un réservoir de fantasmes renouvelés et de savantes régulations » (Luneau et Warren, 2022, p. 309). En somme, cet article propose d’étudier, par-delà la violence surexposée des rapports amoureux dans ces productions, les mécanismes inhérents aux textes qui font que cette violence est probablement lue autrement par les lectrices effectives de ces best‑sellers. Que disent donc ces dernières au sujet de ces romans ? L’analyse de leurs commentaires en ce qui concerne certains éléments du récit, le style d’écriture et les représentations violentes permettra de redonner la parole aux lectrices tout en nuançant considérablement l’attitude souvent paternaliste et condescendante cultivée socialement à l’égard de ces lectorats.


Méthodologie 

À travers une étude de la réception de cinq romans sentimentaux populaires sur TikTok (Jamais plus [2016], new romance de Colleen Hoover, L’hypothèse amoureuse [2021], new romance d’Ali Hazelwood, Twisted Love [2021], dark romance d’Ana Huang, Captive [2021], dark romance de Sarah Rivens et Icebreaker [2022], new romance d’Hannah Grace), cet article propose d’examiner les commentaires de 47 BookTokeuses faisant part de leurs lectures sur l’application. La composition du corpus s’est faite sur la base de deux critères. Premièrement, les œuvres devaient appartenir aux sous-genres de la new romance et/ou de la dark romance. En nous inspirant de la méthodologie de Jodi McAlister dans son ouvrage New Adult Fiction (2021), nous avons consulté le site Goodreads pour nous assurer que ces œuvres sont reçues comme telles par les lectrices, puisque les classements par genre sur la plateforme proviennent des choix aléatoires des usagères, qui se créent des bibliothèques virtuelles, et non des métadonnées des éditrices. L’adhésion des textes aux sous-genres a été consolidée par une vérification de leur présence dans la liste « Les meilleures ventes dans Nouveaux romans d’amour pour adultes et collèges » d’Amazon6, ainsi que sur le paratexte des œuvres. Deuxièmement, les œuvres du corpus devaient être populaires sur TikTok. Pour nous assurer de leur rayonnement, nous avons d’abord consulté les pages « Populaires sur TikTok » des sites Internet de diverses librairies, telles que Renaud‑Bray et Indigo. Ensuite, nous sommes allée directement sur l’application TikTok pour vérifier la présence forte des œuvres à travers les mots-clics.

En tenant compte de l’objet d’étude et de la configuration de la plateforme TikTok, l’analyse des remarques des lectrices s’est faite de manière qualitative, selon une observation ethnographique des usages en ligne (Souchier et al., 2019). Pour choisir l’échantillon de BookTokeuses, nous nous sommes d’abord basée sur la liste fournie par les répondantes à l’étude de romance de Babelio (Babelio, 2024, p. 46-47). La sélection produite s’est élargie avec l’ajout de profils de BookTokeuses québécoises. Un total de 47 profils a été choisi, fournissant ainsi une quinzaine de critiques par roman. Nous avons choisi de sélectionner des profils de BookTokeuses francophones pour deux raisons principales : d’abord, cela nous permettait de délimiter le corpus d’une certaine manière, puisqu’il est impossible de consulter les vidéos traitant de nos œuvres sur TikTok de manière exhaustive. Ensuite, la sélection de BookTokeuses francophones nous permettait de tisser des liens avec une culture qui nous est connue : comme nous faisons partie de la société québécoise, nous sommes davantage en mesure d’établir des parallèles avec l’horizon d’attente culturel de ces lectrices.  

Les profils et les critiques des BookTokeuses sélectionnées ont été examinés suivant les critères d’une grille d’analyse détaillée, qui s’intéressait à différents éléments de la composition des profils et du contenu des vidéos7. La configuration de TikTok ne permettant pas de faire de recherche sur le profil des TikTokeuses, le corpus de critiques a été construit à l’aide de l’exploration par mots-clés, méthode notamment proposée dans l’ouvrage Le numérique comme écriture (2019) d’Emmanuël Souchier, Etienne Candel et Gustavo Gomez‑Mejia. C’est donc à travers la recherche de mots‑clés bien précis (par exemple #jamaisplus ou #twistedloveroman) qu’a pu être constitué l’échantillon. Bien que ce soit la « For You Page », sur TikTok, qui guide le plus pesamment par algorithme l’activité des utilisatrices, certaines chercheuses déconseillent de prioriser strictement la « For You Page » aux autres fonctionnalités présentes dans l’application (Maddox et Gill, 2023, p. 5). Comme le recommandent plusieurs chercheuses (Remy, 2022 ; Siguier, 2020 ; Martens et al., 2022), nous nous sommes immergée dans le microcosme en maintenant « une présence prolongée et régulière sur les espaces observés en ligne » (Remy, 2022, p. 75-76), tout en interagissant avec le contenu proposé et en nous abonnant aux profils de certaines BookTokeuses­.


  1. Corpus de critiques

Qui sont ces BookTokeuses ? D’abord, nous savons peu de choses sur l'origine socio-économique des BookTokeuses sélectionnées. L’âge, le genre et la nationalité des influenceuses ne sont pas des informations que ces dernières doivent partager sur leurs profils. Néanmoins, la plateforme leur permet (si elles le souhaitent) de rendre ces renseignements publics dans la section « biographie ». Le genre de certaines utilisatrices a pu être déterminé en prenant compte des accords genrés présents dans leur biographie. Sur les 47 profils, 24 influenceuses mentionnent être des femmes alors qu’un influenceur mentionne être un homme. Seulement cinq utilisatrices spécifient leur âge, qui varie entre 21 et 26 ans. Nous savons cependant que les lectrices les plus actives sur la plateforme sont âgées de 18 à 34 ans (Balling et Martens, 2024, p. 13). Enfin, huit BookTokeuses indiquent leur nationalité, soit six Québécoises et deux Françaises. Aucune BookTokeuse ne précise clairement sa profession ou son niveau d’études sur son profil8. C’est surtout à travers leurs noms d’utilisatrices ou leur « biographie » que les BookTokeuses qualifient leur rapport à la culture. En effet, ces dernières se décrivent comme étant une « chroniqueuse­ livresque9 », « juste une fille qui aime lire10 » ou bien une « amoureuse des livres11 ». Le nom de leurs profils fait aussi souvent référence à l’univers livresque. Ces observations rejoignent celles de Jeanne Remy :  


Là où ces influenceuses se rapprochent à nouveau de leurs abonnés et se placent à l’instar de simples individus lambda qui partagent leur passion, c’est au niveau de leur description en biographie. Qu’elles soient critiques novices ou confirmées, beaucoup se présentent – dans un jargon simple – comme « lectrice passionnée », « dévoreuse de livres », « blogueuse littéraire », « boulimique littéraire », « lectrice éclectique » ou bien encore « amoureuse des livres » (Remy, 2022, p. 83).


En somme, nos BookTokeuses s’inscrivent d’emblée dans la critique amatrice (par opposition à la critique professionnelle), d’où la surenchère des affects liés à la lecture. Une différence notable parmi notre sélection de BookTokeuses est leur popularité. Comme l’explique Jeanne Remy, il existe plusieurs types d’influenceuses littéraires, définies selon le nombre d’abonnées : « Chez les francophones, ces niches dédiées à la littérature sont détenues par les nano (en dessous des 10 000 abonnés) et micro (de 10 000 à 100 000 abonnés) influenceurs » (Remy, 2022, p. 75). Ce qui distingue les nano des micro‑influenceuses, outre le nombre d’abonnées, serait leur rythme de publications, car « [l]es micro-influenceurs publient plus souvent – voire tous les jours – tandis que les nano‑influenceurs sont plus sporadiques et peuvent laisser plusieurs jours/semaines s’écouler avant d’écrire une nouvelle critique » (Remy, 2022, p. 86). Notre échantillon est constitué de nano, de micro, mais également de macro‑influenceuses, c’est-à-dire de BookTokeuses comptant de 100 000 à un million d’abonnées (Remy, 2022, p. 81). Il comprend 30 nano‑influenceuses, 10 micro‑influenceuses et 612 macro-influenceuses, comme l’illustre la figure 1. La BookTokeuse ayant le moins d’abonnées en détient 47 alors que celle qui en a le plus en compte 863 94413. C’est donc un peu plus de 60 % de l’échantillon des BookTokeuses qui se situe dans la catégorie des nano-influenceuses. Un total de 129 vidéos différentes ont été sélectionnées, parmi les 47 profils de l’échantillon. Ces vidéos devaient aborder au moins un des romans de notre corpus pour être retenues. Elles ont été publiées entre le 13 juillet 2021 et le 4 février 2025. 


Figure 1. Types d’influenceuses de notre échantillon
Figure 1. Types d’influenceuses de notre échantillon
  1. Critiques des romans

Sur les 129 critiques récoltées, 32 concernent Jamais plus, 20 L’hypothèse amoureuse, 25 Twisted Love, 31 Captive et 21 Icebreaker. Les figures 2 à 6 illustrent la proportion des axiologies (positif, négatif, neutre) données à chaque roman. Manifestement, les romans de notre corpus font davantage l’objet de critiques positives de la part des BookTokeuses que de critiques négatives. Il y a tout de même lieu de mentionner que Captive est le roman obtenant le plus haut taux de critiques négatives, symptomatique, peut-être, des débats entourant la dark romance.


Figure 2. Axiologie des critiques de Jamais plus (2016) de Colleen Hoover
Figure 2. Axiologie des critiques de Jamais plus (2016) de Colleen Hoover
Figure 3. Axiologie des critiques de L’hypothèse amoureuse (2021) d’Ali Hazelwood
Figure 3. Axiologie des critiques de L’hypothèse amoureuse (2021) d’Ali Hazelwood

Figure 4. Axiologie des critiques de Twisted Love (2021) d’Ana Huang
Figure 4. Axiologie des critiques de Twisted Love (2021) d’Ana Huang
Figure 5. Axiologie des critiques de Captive (2021) de Sarah Rivens
Figure 5. Axiologie des critiques de Captive (2021) de Sarah Rivens
Figure 6. Axiologie des critiques d’Icebreaker (2022) d’Hannah Grace
Figure 6. Axiologie des critiques d’Icebreaker (2022) d’Hannah Grace

2.1. Récit

Personnages

Selon plusieurs chercheuses (dont Siguier, 2017; Remy, 2022; Barth-Rabot, 2023; Florimond-Clerc et Gabrysiak, 2025), les critiques émises par les BookTokeuses relèvent davantage d’un enthousiasme et d’émotions ressenties pendant la lecture plutôt que d’une analyse attentive au style formel et à l’écriture des œuvres. Par conséquent, un des points positifs de ces œuvres, selon les BookTokeuses, réside précisément dans la panoplie d’émotions qu’elles leur permettent de vivre. Au premier plan de ces émotions vient la haine pour le héros : en effet, les lectrices prennent plaisir à détester le héros. Les BookTokeuses aiment qu’Asher, le héros de Captive, soit « toxique14 ». Une lectrice décrit celui-ci de la façon suivante : « [Il est] aigri as fuck, il tire la gueule tout le temps, il n’est pas aimable, il fait que gueuler… [...] C’est un con et un connard, il agit comme un enfant de 7 ans et demi et est insupportable15 ». Elle ira même jusqu’à dire qu’elle est heureuse d’avoir fini la saga Captive, car elle pourra enfin être libérée d’Asher Scott16. Pourtant, cette lectrice a adoré la série. Il faut cependant noter que les émotions contradictoires que ressentent ces lectrices pour les héros masculins ne semblent présentes que dans les dark romances de notre corpus, soit Captive et Twisted Love. Aucune des BookTokeuses ayant apprécié la lecture de Jamais plus, par exemple, n’a aimé détester Ryle, qui est l’auteur de violences conjugales envers l’héroïne, Lily : elles l’ont détesté, point à la ligne. Il est un « connard », un « manipulateur » et « donne des excuses bidon17 ». Il semble que la dualité des sentiments que les lectrices éprouvent pour les héros de dark romance, oscillant entre amour et haine, provienne de l’angoisse qu’elles ressentent lorsque ces derniers n’endossent pas leurs rôles de protecteurs envers les héroïnes. C’est par conséquent à elles de combler cette fonction, ce qui se manifeste par leur attachement à la protagoniste féminine et par leurs émotions de pitié et de tristesse face à sa condition. Ainsi, les BookTokeuses trouvent Ava de Twisted Love attendrissante et touchante18, elles ont de la peine pour elle19 ou veulent entrer dans le livre pour « taper » Asher20 afin de prendre la défense d’Ella, héroïne de Captive. L’ordre est rétabli à la fin des deux dark romances, lorsque les héros reprennent leurs rôles de protecteurs, ce qui apporte un sentiment d’apaisement aux lectrices, qui mentionnent avoir ressenti de la joie et du bonheur à la fin de leur lecture. Manifestement, les BookTokeuses désirent encore que le héros fasse preuve de tendresse envers l’héroïne et prenne soin d’elle au même titre qu’une enfant, un désir que Janice Radway avait déjà relevé dans son étude Reading the Romance (Radway, 1984, p. 13 et p. 144-145).

Les lectrices ressentent également une forte identification à l’héroïne. Non seulement éprouvent-elles de l’empathie pour les héroïnes, mais elles se projettent également à leur place. Ainsi, dans Jamais plus, les influenceuses mentionnent s’être attachées à Lily, mais aussi désirer la voir réussir21. Elles s’imaginent à la place de la protagoniste : « On arrive à fond à se mettre dans la peau de Lily, et on arrive entièrement à comprendre ses réactions et ses décisions22 ». On retrouve la même identification avec les autres héroïnes du corpus. Une lectrice s’est « beaucoup retrouvée en Olive23 », héroïne de L’hypothèse amoureuse, puisque, comme elle, elle est sensible, mais affronte ses peurs. Une autre s’aperçoit plutôt dans Anastasia de Icebreaker : elle « comprend son cheminement » et se voit dans la détermination de la protagoniste, mais aussi dans son côté sensible24. Les héroïnes sont manifestement assez girl next door pour favoriser l’identification du plus grand nombre, comme cela a pu être le cas dans d’autres corpus de romans sentimentaux. 


Hybridation des genres

Étonnamment, les BookTokeuses ayant donné une critique positive des romans de dark romance et celles ayant donné des critiques négatives s’accordent sur un point : ce qu’elles ont préféré de ces livres, c’est l’aspect policier et l’enquête qui sous-tend l’intrigue, et donc l’hybridité entre roman sentimental et policier (Boivin et al., 2025). Dans Captive, par exemple, les lectrices soulignent avoir apprécié l’intrigue entourant le réseau de criminels dont Asher est à la tête25. La violence, les retournements de situation et les rebondissements sont aussi souvent mentionnés : « Ce côté dur et sombre, qui montre les choses qui dérangent, ce vice, cette violence, c’est très bien. C’est très original, ça accroche26 ».

Pour une partie des critiques négatives, la violence dans les romans du corpus était trop feutrée. Selon certaines BookTokeuses, les scènes de violence n’étaient en effet pas assez décrites. Elles relèvent le manque d’intensité des œuvres, qui se réclament pourtant être des dark romances27, ou le manque de spice, c’est-à-dire de passages sexuellement explicites dans Captive28. Une dark romance devrait contenir « des scènes qui sont réellement pour les 18 ans et plus, et qui peuvent aller très loin », ce qui n’était pas le cas de Captive et Twisted Love, selon une lectrice29. Par exemple, une lectrice affirme qu’elle aurait aimé qu’Asher soit un vrai « salaud » et non un « cliché du bad boy, qui cache ses sentiments jusqu’à la fin du récit30 ». Alors que, selon certaines chercheuses, les lectrices de romans sentimentaux accorderaient peu, voire pas d’importance aux qualités littéraires ou au style d’écriture (Robine, 1998, p. 151), et qu’aucun « élément du texte n[e les] invite[rait] [...] à faire jouer [leur] jugement personnel » (Couégnas, 1992, p. 102), des propos comme ceux de cette lectrice montre qu’elle connaît très bien le schéma sentimental. Elle aurait voulu qu’Asher soit le « méchant » de l’histoire, alors qu’elle aurait aimé qu’Ella soit « une héroïne avec un côté sadomasochiste et un syndrome de Stockholm qui lui fait affectionner son ravisseur31 ». Ces critiques négatives subvertissent pourtant certains des traits traditionnels du roman sentimental. En effet, la trop grande violence du héros ou son adhérence au rôle de vilain empêcherait le triomphe final de l’amour, but ultime du roman sentimental. Dans tous les cas, les critiques, tant positives que négatives, nous semblent témoigner de l’hybridation des genres perceptible dans la dark romance, les BookTokeuses faisant référence à des éléments du roman policier ou du roman gothique. Selon Matthieu Letourneux, les limites d’un genre populaire sont souvent vagues, puisqu’elles sont érigées de manière intuitive par les lectrices et les maisons d’éditions, ce qui cause bien souvent des hybridations (Letourneux, 2017, p. 41 et p. 205). Le genre sentimental, qu’on s’imagine comme étant très codé, est avant tout un genre hybride caractérisé par son instabilité générique (Letourneux, 2025, p. 33). Les BookTokeuses ayant donné un avis négatif en raison du déficit de violence dans ces romans sentimentaux déploient donc un horizon d’attente différent face à la dark romance que les lectrices qui ont apprécié leur lecture.  


Thèmes

Alors que ce sont les thèmes de la brutalité et de l’interdit qui attiraient les BookTokeuses dans la dark romance, c’est plutôt l’aspect réaliste des sujets abordés qui les interpelle dans la new romance. Les lectrices apprécient que les romans traitent de sujets qu’elles jugent importants, comme la violence conjugale dans Jamais plus32, la place des femmes dans le monde scientifique dans L’hypothèse amoureuse33, qui met en scène Olive, une doctorante en biologie, et les troubles alimentaires chez la patineuse artistique Anastasia dans Icebreaker34. Ainsi, un livre comme Jamais plus permettrait aux influenceuses « d’en apprendre plus sur un sujet tabou » et de « s’ouvrir les yeux sur des problématiques que les gens jugent trop vite35 ». Le schéma de la violence conjugale serait « très bien respecté » dans ce roman, et permettrait aux lectrices « d’entrer dans la tête de la victime pour [qu’elles] puisse[nt] comprendre36 ». L’insistance sur le caractère réaliste des œuvres par les lectrices vient traduire un autre usage qu’elles font de leur lecture : « la réception de connaissances » (Hastir, 2024, p. 60). Ainsi, Jamais plus aurait offert à une lectrice « des moments de réalisation qui te font comprendre que ton partenaire n’est peut‑être pas le bon37 ». Pour une autre, le livre « lui a permis de comprendre des choses dans la vie de tous les jours, c’est-à-dire que dans ce genre de situation, ce n’est pas si simple de partir38 ». La littérature serait un espace permettant d’aborder le sujet « au maximum, pour sensibiliser un maximum de personnes39 ». Enfin, l’œuvre d’Hoover serait une véritable « leçon de vie40 ». Même son de cloche dans Icebreaker, qui explore plutôt la notion de trouble alimentaire. Plusieurs BookTokeuses déplorent le fait que les critiques ne fassent jamais mention de ces aspects du roman : 


Il y a des thématiques beaucoup plus fortes qui sont mises de l’avant, comme les troubles alimentaires, la pression sportive, les personnes autour de nous qui sont toxiques pour notre santé… Plein de sujets hyper importants sont mis de l’avant et les critiques n’en font pas assez mention41.


Le livre serait certes « une romance, mais pas totalement. Il n’y a pas que ça42 ». Comme le remarque Justine Hastir, « [l]es récits qui traiteraient de sujets, qu’ils “soient difficiles ou non”, seraient enclins à fournir une compréhension de soi-même au sujet‑lecteur, mais aussi du monde » (Hastir, 2024, p. 61). Les sujets tabous dont raffolent les lectrices de new romance auraient une « incidence sur [leur] propre perception de la réalité [...] et enrichirai[en]t donc leur expérience de vie » (Hastir, 2024, p. 61). Les lectures des BookTokeuses leur permettent « d’en apprendre plus » ou de « comprendre des choses », questionnant ainsi « leur propre expérience du monde réel » (Hastir, 2024, p. 62). Ces observations s’alignent avec celles d’Eva Illouz, qui affirme que les romans sentimentaux « constituent une sorte de boîte à outils à l’aide de laquelle les individus peuvent s’orienter, en y puisant éventuellement des conseils thérapeutiques ou spirituels, ou en conformant leurs fantasmes à la logique prescriptive du self-help » (Illouz, 2014, p. 55). Cependant et comme nous l’avons vu plus haut, plusieurs autres fonctions guident la lecture de ces BookTokeuses : le désir d’évasion, de participer à une culture commune ou de vivre des émotions par la lecture.

Au contraire, les BookTokeuses n’ayant pas apprécié leur lecture des romans ont plutôt relevé l’irréalisme des œuvres et leur aspect cliché. Les lectrices soulignent, par exemple, les nombreuses incohérences qu’elles ont repérées dans les différents romans. Ainsi, dans Captive, elles constatent la trop grande naïveté des personnages, pourtant censés être des criminels haut placés : « À certains moments, on voyait où ça s’en allait, et c’était à se demander comment les personnages, qui sont à la direction d’un réseau criminel, peuvent se faire avoir à ce point-là43 ». La réception de cette lectrice est donc loin d’être passive et naïve. Les trop nombreuses invraisemblances ont ultimement teinté l’expérience de lecture des lectrices : 


Le fait que le plus grand gang-mafia des États-Unis n’ait pas de caméra de surveillance, et que c’est justifié par le fait de vouloir passer incognito, de ne pas se faire remarquer… Mais Asher a une maison de « blindé ». [...] Si quelqu’un peut s’infiltrer chez toi, il y a un vrai problème, en plus qu’aucun autre personnage ne le remarque. Non, franchement, ce n’était pas possible. [...] Ella se fait virer pour se faire protéger, mais ensuite les personnages lui disent qu’ils lui rendront visite. Pourquoi vas-tu aller rendre visite à quelqu’un que tu souhaites amener loin de toi ? C’est quoi l’intérêt ? C’est facile de retrouver la personne, en fait. Je ne comprends pas trop44. 


Finalement, l’invraisemblance relevée par le plus grand nombre de BookTokeuses est formulée ainsi : comment Ella peut-elle se sentir en sécurité avec un homme violent et meurtrier ?


Pour ces lectrices, le caractère pédagogique recherché dans leurs lectures n’aurait pas été respecté dans ces romans45. D’un côté, la facette éducative peut être trop présente, gâchant par là le plaisir de lecture, alors plutôt associée au travail scolaire. C’est le cas du livre L’hypothèse amoureuse qui se déroule en contexte universitaire, et laisse donc beaucoup de place aux savoirs scolaires, par opposition aux savoirs sur la vie, plutôt recherchés par les lectrices : « Ça parle beaucoup de science, ce qui m’a un peu barbée. Tous les termes scientifiques étaient compliqués. Je n’aimais pas la science à l’école, donc je n’aime pas ça dans un livre non plus46 ». De l’autre, l’aspect pédagogique peut ne pas avoir été assez réussi aux yeux des BookTokeuses. Celles‑ci sont d’ailleurs particulièrement critiques du schéma de la violence conjugale mis en scène dans Jamais plus. Ce dernier ne serait pas représentatif de la réalité : 


Habituellement, dans la violence conjugale, on observe un certain cycle qui a certaines caractéristiques, dont l’aggravation des épisodes de violence, au fil du temps. Les premiers épisodes de violence sont de gravité objective moindre, et tranquillement, ça va augmenter. Il n’y a absolument pas ça dans le livre. Je comprends que la fiction n’a pas à être un documentaire, mais quand on parle d’un sujet aussi délicat et important et qu’on s’adresse à un jeune public, il est important de bien le faire. Ça devient un devoir d’être fidèle à la réalité, car c’est le thème central du livre47.


Pour les lectrices moins dotées en capital culturel, Cécile Barth-Rabot souligne « [qu’]il est important que le texte renvoie du monde réel une vision juste, et s’appuie sur des faits vrais » (Barth-Rabot, 2023, p. 248) : « [L]e texte atteint son but quand il réussit à dire le monde, à témoigner, à rendre compte avec justesse » (Barth‑Rabot, 2023, p. 247). Cette observation s’applique manifestement à notre corpus de BookTokeuses. 


2.2. Style d’écriture

Rythme de lecture

Il serait faux de croire que le style d’écriture n’importe pas aux lectrices de romans sentimentaux. Plusieurs BookTokeuses commentent d’ailleurs la plume des autrices. Il s’avère que, pour elles, un « bon » style d’écriture rime avec rythme de lecture rapide, comme l’avait remarqué Daniel Couégnas dans son ouvrage Introduction à la paralittérature (Couégnas, 1992, p. 89). Les influenceuses apprécient donc l’aspect page-turner de ces romans. Les chapitres courts, une lecture « sans prise de tête48 », le rythme « hyper rapide » qui se lit « tout seul49 » sont des éléments revenant souvent dans les critiques des BookTokeuses. D’ailleurs, ce rythme de lecture rapide signale encore une fois une hybridation entre les genres sentimental et policier : en effet, comme l’expliquent Nadine Desrochers et Stéphanie Courchesne, l’attrait « rythme rapide » est utilisé, en bibliothéconomie, plus fréquemment pour décrire les titres policiers (Desrochers et Courchesne, 2025, p. 236). Néanmoins, il demeure un élément important pour nos lectrices de romans sentimentaux. Ces dernières se disent « plongées dans l’histoire50 », au point où elles lisent le livre en une journée, parfois « le jour même de sa parution51 ». Ce rythme de lecture boulimique est mentionné par de nombreuses influenceuses, qui ne peuvent pas « lâcher52 » leur roman, l’ont lu « en une journée et n’[ont] pas dormi de la nuit pour le finir53 », ou bien n’ont « pas été capable[s] de s’arrêter avant minuit, puis [se sont] réveillée[s] tôt le lendemain pour lire le livre54 ». 

Ce rythme de lecture est à mettre en parallèle avec les autres modes de consommation de la génération des lectrices, que ce soit le binge watching de séries ou bien le scrolling sur les réseaux sociaux (Choi et al., 2018). D’ailleurs, cette logique est reprise sur TikTok, où les lectrices « scrollent » des vidéos dépassant rarement les cinq minutes. Cela ne veut pas dire pour autant que ces dernières privilégient les livres courts : c’est même l’inverse, les lectrices se montrant souvent avec des livres bien garnis qui se déclinent en séries. C’est plutôt le rythme qui est rapide, avec des chapitres courts, à l’image de TikTok, qui présente de courtes vidéos, tout en encourageant une consommation abusive, voire addictive55 (Choi et al., p. 2). Au contraire, les BookTokeuses n’ayant pas apprécié leur lecture soulèvent le rythme de lecture trop lent des œuvres. Plusieurs mentionnent s’être ennuyées pendant leur lecture, qui ne « bouge pas assez56 » : « Je n’aime pas ne pas finir un livre. Mais avec celui-là [Icebreaker], j’en avais trop marre. Je ne lisais qu’un chapitre à la fois et j’avais du mal à le lire. J’en avais marre et je voulais vite le finir57 ».


Vocabulaire

Pour les lectrices, une « bonne » plume se traduit par une compréhension aisée du texte. Plusieurs BookTokeuses qualifieront donc la plume de « fluide58 », de « facile à lire59 », de « simple60 », d’« agréable61 » ou d’« abordable62 ». Peu d’éléments autres que la facilité de lecture sont mentionnés dans les critiques positives concernant le style : 


« Bien écrit » pour le lecteur populaire n’induit pas les qualités stylistiques et littéraires exigées par le lecteur lettré. C’est même l’inverse. Le texte doit être d’accès direct sans présenter d’entraves à la lecture. Le vocabulaire, la syntaxe doivent être immédiatement compréhensibles sans demander le recours au dictionnaire (Robine dans Saint-Jacques, 1998, p. 151). 


Il est donc possible d’affirmer que « l’originalité de l’écriture importe peu les lectrices de New Romance dans leur évaluation des objets de lecture qu’elles convoitent » (Hastir, 2024, p. 67).

Les critiques négatives en ont plus à dire. Celles-ci déplorent le style simpliste et les nombreuses répétitions : dans Captive, le mot « psychopathe » apparaîtrait « cinq fois par page63 ». Les BookTokeuses regrettent le manque de diversité dans le vocabulaire de l’autrice : « Je ne sais pas si le vocabulaire de l’autrice est restreint ou si elle ne connaît pas le dictionnaire ou les synonymes, mais ça existe. Le mot psychopathe est beaucoup trop répété. C’est bon, on a compris, évolue un peu. On se demande si c’est une fille de 22 ans ou de 5 ans qui parle64 ». Même si la répétition serait une caractéristique du roman sentimental, permettant d’« élaborer […] des descriptions convenues et des figures stéréotypées qui, inlassablement, reconduisent les attentes du lecteur65 » [nous traduisons] (Radway, 1984, p. 196), les lectrices de notre échantillon ne semblent pas toutes avoir besoin de ce guidage pour consolider leur compréhension du récit. Par ailleurs, plusieurs lectrices n’ont pas aimé la présence de mots vulgaires et grossiers dans les scènes de relations sexuelles66, un trait déjà qualifié de dérangeant par les lectrices de l’étude de Janice Radway. En revanche, dans le cas de notre étude, ces commentaires sont minoritaires. Les influenceuses compareront souvent l’écriture des romans à un style « Wattpad67 », c’est-à-dire à de l’écriture n’ayant pas bénéficié d’un travail éditorial, soulignant donc l’importance d’un tel travail pour elles.


Tonalité et procédés d’écriture

Selon les critiques négatives, les plumes des autrices ne transmettraient pas assez d’émotions, pourtant l’un des principaux critères d’appréciation des romans par les BookTokeuses : « Même si l’histoire est intéressante, ça ne suffit pas, il faut réussir à transmettre des émotions par la façon dont on raconte. Les mots et la construction des phrases n’arrivent pas à faire véhiculer autant d’émotions qu’il faudrait68 ». Une autre lectrice affirme ne pas avoir été touchée par les traumatismes d’Ella, victime de proxénétisme, en raison de la plume69. Alors que Couégnas (1992) affirmait que la rareté des descriptions serait appréciée des lectorats populaires, les critiques négatives de notre échantillon reprochent au contraire le manque de descriptions dans les œuvres. Cette absence entraînerait des incohérences dans les romans : « Il y avait tellement peu de description que j’avais du mal à construire l’environnement dans ma tête70 ». Malgré les préjugés encore tenaces qui déclarent que le récit et la forme matérielle du texte ne seraient conçus que comme une pure transparence pour les lectrices de romans sentimentaux, les exigences sur la forme sont assez nettes, voire tranchantes, pour celles-ci. Simplement, les aspects relevés pour la forme (émotions fortes, rythme haletant, langage simple, mais pas infantilisant) diffèrent de ceux habituellement signalés par les critiques professionnelles (originalité, langue, construction du récit). 


2.3. Représentations violentes

Réactions face à la violence vécue par l’héroïne

Il apparaît que les lectrices des romans sentimentaux populaires sur TikTok sont bel et bien en mesure de repérer la violence dans les productions, et ce, même si elles leur ont conféré un avis positif. Cependant, il est vrai que certaines lectrices minimisent sa portée. Par exemple, pour le seul lecteur de notre échantillon, les nombreuses tortures qu’Asher fait subir à Ella sont des « épreuves parfois difficiles71 » – le héros poussant l’héroïne dans la piscine, la forçant à dormir à l’extérieur ou sur le sol de la cave, et lui brûlant la main sur la plaque de cuisson. Dans une vidéo humoristique, une influenceuse littéraire énumère les agressions endurées par Ella avec un ton sarcastique : « Il l’a fait dormir dehors ? C’est original comme méthode d’accueil. Mais non, c’est la période d’acceptation. [...] Ah, la cave, c’est aussi “sympa” comme chambre72 ». Pour une autre, la violence conjugale subie par Lily ne serait pas délibérée :  


On voit deux cas de figure : les parents de Lily et le couple qu’elle forme avec Ryle. Du côté des parents de Lily, c’est une violence qui est volontaire. Le père de Lily semble vouloir faire du mal à sa femme, et semble utiliser cette violence pour s’exprimer et pour punir. Du côté de Ryle et de Lily, ce n’est pas une violence volontaire. Ryle ne veut pas punir Lily, ça arrive, mais tu vois que l’homme ne veut pas nécessairement faire du mal73.


Par ailleurs, un lecteur se positionne en faveur de la relation d’Adam et Olive dans L’hypothèse amoureuse. En effet, Adam est professeur au département de biologie de l’université où Olive réalise son doctorat : il détient donc une autorité sur elle. Malgré tout, cette relation ne semble pas choquer les lectrices : 


C’est une romance prof-élève, mais pas comme d’habitude. Ce n’est ni son élève ni son prof. Elle a 26 ans et il en a 34 : ça fait un peu bizarre dit comme ça, mais dans le livre ça ne donne pas l’impression qu’ils sont vieux. Ils forment un faux couple. Le héros a des choses à gagner, mais ce n’est pas pour des trucs bizarres74.


Les lectrices sont donc conscientes de la violence subie par l’héroïne, mais réduisent sa portée en usant d’euphémismes ou en soulignant clairement la différence entre réalité et fiction. Par exemple, une BookTokeuse ayant apprécié la lecture de Twisted Love affirme qu’elle ne tolérerait « jamais l’attitude d’Alex de la part d’un homme dans la vraie vie, mais dans ce livre, c’est génial75 ». Il serait donc faux d’affirmer que les lectrices ne savent pas faire la part des choses quant à la violence des récits. La lecture devient ainsi « un espace immatériel sécurisé où [les lectrices peuvent] se permettre d’éprouver toutes sortes d’excès émotionnels temporairement et sans crainte » (Hastir, 2024, p. 59). Étonnamment, les BookTokeuses ayant donné des critiques positives dénoncent plus fortement la cruauté lorsqu’elle est perpétrée par quelqu’un d’autre que le héros. C’est le cas, par exemple, de John, le proxénète d’Ella, qui causera plusieurs réactions au sein du lectorat : « Je suis dégoûté par la façon dont Ella a été victime de proxénétisme aux mains de son ancien possesseur. Elle n’était pas consentante76 ». Une autre influenceuse affirmera que John est misogyne77, sans pourtant faire de commentaire sur Asher. Ces commentaires semblent donner raison aux critiques arguant que la dark romance « romantise » la violence, les BookTokeuses étant plus outrées par la brutalité se manifestant dans une relation ne comprenant pas de sentiments amoureux. Cependant, on pourrait contre-argumenter que ces mêmes lectrices étaient dégoûtées par la violence perpétrée par Ryle envers Lily, alors que des sentiments amoureux étaient bien présents dans leur relation. Nous pensons plutôt que ces dernières, conscientes qu’Asher a eu des expériences amoureuses difficiles par le passé, savent qu’il se rachètera de ses méfaits à la fin du récit :  


However, […] the hero’s wariness […] can be traced to a previous hurt by another woman and to his justifiable distrust of all females. The reader is assured by this detail that the tenderness she thinks she detects behind the facade of his masculinity cannot help but reveal itself when he learns to trust and love a truly good woman78 […] (Radway, 1984, p. 128-129).


Au contraire, les BookTokeuses ayant formulé des critiques négatives concernant ces œuvres éprouvent une haine pour le héros qui ne sera pas dissipée à la fin du récit. Pour elles, Asher est un protagoniste toxique et violent : les BookTokeuses n’hésitent pas à manifester les émotions négatives qu’elles ont ressenties lors de leur lecture, une lectrice faisant même semblant de vomir à la seule mention du nom du héros79. Elles dénonceront de manière véhémente les violences qu’exerce le héros sur l’héroïne, conscientes qu’elles sont inacceptables80. Selon une BookTokeuse, l’intrigue mise en scène dans Captive s’apparente à un « esclavage moderne », puisqu’Ella est forcée de rester chez Asher et « doit faire ce qu’il dit quand il veut ». Elle qualifie aussi les agressions que subit l’héroïne comme étant des violences conjugales, soulevant particulièrement la scène où Asher maintient la main d’Ella sur la plaque de cuisson81. Les lectrices sont mêmes critiques de la perception de la violence qu’ont les autrices sur leurs propres œuvres :  


Quand on lit la note de l’autrice [de Jamais plus], elle dit que le premier événement de violence est lorsque Ryle pousse Lily dans l’escalier. Mais ce n’est pas le premier événement de violence, car au party, Ryle est jaloux et lance sa coupe de champagne dans la poubelle, qui brise. C’est de la violence. Quand il va chez Lily et la supplie d’avoir une relation sexuelle, c’est aussi de la violence. Je suis préoccupée par le fait que l’autrice considère que le premier événement de violence est lorsque Ryle pousse Lily dans l’escalier. […] J’ai l’impression que l’autrice parle de ce sujet sans être elle-même capable de détecter ce qu’est de la violence dans une relation conjugale82.


Les lectrices sont donc non seulement en mesure de repérer ces violences, mais également de les nommer pour ce qu’elles sont. Selon Janice Radway, dans les romans sentimentaux « ratés83 », la figure de l’antagoniste ne serait pas correctement différenciée de celle du héros. En conséquence, l’union des protagonistes à la fin du récit ne peut effacer la menace de la violence et la peur qu’engendre la relation hétérosexuelle pour les femmes (Radway, 1984, p. 133). Au lieu de rassurer adéquatement les lectrices sur le fait que les héros ont changé par amour pour les héroïnes, ces romans sentimentaux exacerbent l’idée que la violence est une caractéristique masculine et que le happy end ne peut avoir lieu que dans le texte (Radway, 1984, p. 158). Cependant, les évaluations négatives de ces œuvres pourraient aussi prendre la forme de protestations féministes : en refusant d’être confrontées à ces violences, même à travers leur lecture, ces lectrices dénonceraient la domination des femmes au sein du patriarcat (Radway, 1984, p. 160).

Dans un autre ordre d’idées, les scènes sexuellement explicites, même si elles sont souvent le théâtre des inégalités de pouvoir entre l’héroïne et le héros, ont été appréciées par la grande majorité des lectrices. Seulement trois critiques mentionnent ne pas les avoir aimées, soit une pour Twisted Love et deux pour Icebreaker. Difficile d’affirmer ce que les BookTokeuses retrouvent dans ces passages qui leur plaisent, tant elles usent d’euphémismes pour en parler84. Elles les qualifieront de « caliente85 » ou de « scènes de cul pépites86 ». Bien qu’elles les apprécient, elles précisent peu les émotions qu’elles leur font ressentir. Une lectrice se dira divertie par ces dernières87. Aucune d’entre elles ne révèle avoir ressenti de l’excitation pendant ces descriptions. Quand bien même, deux influenceuses s’éventeront le visage aux noms d’Asher88 et d’Alex89, et un lecteur affirmera avoir eu « très chaud » pendant la scène de pénétration entre Ava et Alex, où ce dernier répond au téléphone90. On sait du moins que les BookTokeuses éprouvent de la frustration quand les protagonistes ne se laissent pas aller à leurs pulsions91. L’une dira du couple d’Asher et Ella : « Il y a des scènes où j’étais comme “frenchez-vous tabarnak !”92 ». 

Finalement, les scènes sexuelles ont aussi choqué quelques lectrices, et ont contribué à l’évaluation négative de la part de celles-ci. Certaines BookTokeuses se sont dites « perturbées93 » à la lecture de ces passages, alors que d’autres les ont carrément sautées : « Je n’ai pas aimé la manière dont les scènes de sexe étaient écrites [dans Icebreaker], avec du vocabulaire cru. Je trouvais que ça rabaissait la femme. C’était une torture à lire. Donc, vers la moitié du livre, j’ai arrêté de les lire, je les ai passées.94 » Les passages érotiques étaient, selon elles, beaucoup trop « vulgaires », « sales » et « dégueulasses ». Les influenceuses sont « dégoûtées », ou bien « traumatisées à vie », et ont failli faire « cinq arrêts cardiaques » à la lecture de ces passages95. Pour elles, il est inconcevable qu’Alex qualifie Ava de « salope » pendant l’acte, même si l’héroïne est consentante et semble manifestement apprécier ce traitement. Selon Eva Illouz, la sexualité BDSM96 permet de résoudre des contradictions dans l’imaginaire des lectrices quant à l’égalité homme‑femme en effectuant « une répartition strictement définie et codifiée des rôles sexuels, mais sans pour autant les river à des identités de genre immuables » (Illouz, 2014, p. 132-133). Même si l’inégalité des sexes est donc avant tout ludique dans les relations physiques entre les protagonistes, elle demeure trop dérangeante pour que ces lectrices puissent apprécier leur lecture. Néanmoins, les enjeux de pouvoirs omniprésents dans ces scènes pourraient témoigner des préoccupations actuelles du lectorat :  


Vue[s] d’un peu plus près, elle[s] peu[vent] passer pour l’un des signes des revendications des femmes pour l’accès à une autonomie morale, matérielle et sexuelle. Après MeToo et l’affaire Weinstein, cette forme de la culture populaire écrite doit être envisagée comme une zone de conflit où désirs d’émancipation et représentations normatives de la féminité et de la sexualité sont moulinés par une industrie culturelle avide d’intégrer les marges dans le mainstream (Béja, 2019, p. 107).


Cependant, les lectrices ont aussi tendance à blâmer l’héroïne pour les agressions qu’elle subit, exprimant une sorte de misogynie intériorisée. Selon elles, Ella est beaucoup trop naïve. Une influenceuse se moque de l’héroïne, en utilisant une voix niaise pour parodier la réaction d’Ella après sa brûlure à la main97. La protagoniste manquerait de respect envers elle‑même, car elle continue à vouloir entreprendre une relation avec Asher même si celui‑ci la violente. Il s’avère donc que, pour elles, un « bon » héros protège l’héroïne, ce que Asher ne fait pas. Pour les lectrices, il est impensable que la protagoniste puisse tomber amoureuse d’Asher alors qu’il « n’a rien pour lui »98, et, non sans paradoxe, elles deviennent elles‑mêmes violentes à l’égard de l’héroïne : « T’es malade, ou quoi ? Je veux casser ta mâchoire aussi99 ». Elles qualifieront les protagonistes féminines de manière péjorative : Ella est « trop naïve100 », « chiante101 » et « pleure tout le temps102 », tandis qu’Anastasia est « insupportable, un peu égoïste et enfantine103 ». Certaines lectrices se moquent des héroïnes : « Prend un mouchoir, souffle un bon coup, ça va aller cousine [Ella]104 ». Ce sont donc les personnages féminins qui portent la faute de la violence qu’elles subissent, aux yeux de ces lectrices.


Influence sur les adolescentes

Bien qu’il soit impossible de déterminer l’âge des BookTokeuses de notre échantillon, plusieurs lectrices – probablement d’âge adulte – s’inquiètent des répercussions que de tels romans peuvent avoir sur un lectorat adolescent. Selon elles, les jeunes n’ont pas les outils nécessaires pour porter un regard critique sur ces textes et faire la part des choses. Une BookTokeuse avoue être tombée elle-même dans ce piège lorsqu’elle avait lu Captive : « J’avais idéalisé Asher quand j’étais jeune105. Quand tu es plus jeune, tu n’as pas le recul sur les actions qu’il a faites. Quand tu grandis et que tu lis plus de livres, tu as plus de recul, et tu te rends compte que certaines choses dans ce livre ne sont pas possibles106 ». Une autre influenceuse peine à concilier ses valeurs avec les représentations véhiculées dans le roman : « J’ai de la difficulté à savoir si je peux être féministe et lire un roman comme Captive107 ». Elle se positionne en tant que grande sœur, à la défense des lectrices plus jeunes dans la communauté : « J’ai peur que les adolescentes et les jeunes femmes pensent que c’est ça qu’elles méritent, la violence pure et dure… This is not love. Appelez-moi, je vais vous faire une petite chanson d’amour et vous donner un câlin108 ».

Selon les lectrices, la violence dans ces romans serait banalisée. Les BookTokeuses tendent à blâmer trois instances pour la banalisation de cette violence : BookTok, l’autrice et la maison d’édition. La culture BookTok ne permettrait pas toujours aux jeunes lectrices d’adopter un regard critique sur la cruauté décrite dans ces œuvres : par exemple, la tendance des book boyfriends, « où les jeunes femmes énumèrent les héros de roman dont elles sont tombées amoureuses » (Siguier, 2017, p. 6-7), pousserait certaines adolescentes à affirmer qu’elles aimeraient prendre la place d’Ella, ou même qu’elles voudraient « qu’Asher leur mette la main sur la plaque de cuisson109 ». Selon les BookTokeuses plus âgées, même si les adolescentes parviennent à faire la distinction entre fiction et réalité, elles intérioriseraient des valeurs misogynes lors de ces lectures110. Les lectrices ont donc une conscience forte des discours médiatiques traditionnels, qu’elles utilisent elles-mêmes pour dénoncer la lecture de romans sentimentaux chez les plus jeunes. De plus, le fait que de nombreuses influenceuses recommandent cette dark romance en la qualifiant de « soft » serait aussi « problématique », car « les violences qui arrivent ne sont pas soft111 ». La banalisation de la brutalité est aussi partie prenante des commentaires négatifs sur Jamais plus. Les lectrices blâment alors l’autrice pour le mauvais traitement du sujet de la violence conjugale :  


J’ai trouvé que le thème n’était pas bien apporté, que c’était préoccupant, que le thème était romancé et que c’était inacceptable. [...] Sa façon [à l’autrice] de parler des hommes, même s’ils sont complètement violents, ils sont incroyablement bons au lit, beaux, fins, intelligents, ont une bonne carrière, ils ont tout, et la violence n’est qu’un petit bémol… Je comprends qu’il y a de la violence dans toutes les sphères de la société, mais pourquoi avoir créé des personnages comme ça, qui sont des fantasmes, et leur mettre une touche de violence ? J’ai l’impression que l’autrice a un certain amour pour ces personnages masculins. C’est toxique. [...] [I]l y a une forme de banalisation de la violence commise par les hommes dans ses livres. Il y a un climat toxique112.


D’autres BookTokeuses tiennent plutôt grief aux maisons d’édition en ce qui a trait à la lecture de dark romances par de jeunes lectrices. Une influenceuse s’insurge à l’idée que des adolescentes de 13 ans puissent acheter et lire Captive, alors qu’il est bien indiqué, sur des sites comme Amazon, que le livre est destiné aux lectrices de 18 ans et plus113. Peu importe l’instance blâmée, les BookTokeuses – autant celles ayant donné des avis positifs que négatifs –, s’accordent sur un point : les romans ne devraient pas être lus par des lectrices trop jeunes, et sont destinés à un public averti. Pourtant, certains travaux réfutent l’idée que les adolescentes intègreraient passivement les schèmes violents tirés de leurs lectures. En effet, Arnaud Genon, en effectuant une étude auprès de lycéennes lisant de la dark romance, remarque que les adolescentes appréhenderaient les situations des héroïnes en tant que contre-modèles plutôt que comme un schéma à reproduire : 


[O]n constate que ces livres sulfureux peuvent au contraire devenir des contre‑exemplum moraux plus que des ouvrages visant à inscrire dans la conscience de jeunes lectrices naïves des schémas appelant à accepter violence et soumission. De manière assez surprenante et contrairement aux représentations spontanées, beaucoup d’entre-elles interprètent ces livres comme contenant des messages préventifs [...] (Genon, 2024, p. 6). 


La relation des jeunes aux violences présentées dans les romans sentimentaux est donc bien plus compliquée que ne le pensent les influenceuses de l’échantillon, lesquelles reconduisent malgré elles certains stéréotypes visant leur communauté, mais tout en offrant des lignes de fuite, comme le soutien direct aux abonnées (en référence au câlin proposé).


Conclusion

Loin d’être passif ou uniforme, le lectorat de romans sentimentaux populaires sur les réseaux sociaux fait place à une multitude de points de vue, qui invalident d’ailleurs les critiques adressées à une production sentimentale qui, publiée dans une période où le féminisme semble avoir des acquis solides, tend à surexposer (voire à « romantiser ») la violence faite aux femmes. D’un côté, les BookTokeuses ayant apprécié leurs lectures relèvent particulièrement les émotions vécues – dont la haine du héros – comme vecteur de plaisir. Leur identification forte à l’héroïne les pousserait à endosser le rôle du héros jusqu’au dénouement heureux. L’hybridation des genres ainsi que le réalisme des œuvres, notamment par la présence de sujets qu’elles considèrent comme tabous, jouent aussi sur leur appréciation, tout en confirmant la pratique pédagogique qu’elles font de leur lecture. Le rythme de lecture rapide ainsi que le vocabulaire simple sont constitutifs d’une œuvre stylistiquement réussie pour ces lectrices. De l’autre côté, les influenceuses qui n’ont pas apprécié leur lecture éprouvent plutôt une haine pour le héros ne se dissipant pas à la fin du récit. Celles-ci décrient l’irréalisme des œuvres et les clichés qui leur sont proposés. De plus, le rythme de lecture trop lent, le vocabulaire simple ou le manque de procédés littéraires, comme la description, ont teinté leurs lectures. Néanmoins, les BookTokeuses sont bien conscientes de la violence présente dans ces œuvres, qu’elles aient apprécié ou non leur lecture. Les lectrices peuvent faire la différence entre la réalité et la fiction, et semblent apprécier ces romans pour l’intensité émotionnelle qu’ils leur font ressentir, et ce, en toute sécurité. D’autres BookTokeuses ont davantage de difficultés à concilier leurs valeurs féministes avec les représentations véhiculées dans ces récits. 

Quoi qu’il en soit, il faut prendre les commentaires des BookTokeuses avec un grain de sel. Comme le remarquait Magali Bigey, les jeunes lectrices sur les réseaux sociaux n’encensent pas les héros agressifs des romans sentimentaux parce qu’elles aimeraient reproduire ces relations dans la vraie vie, mais plutôt pour obtenir une réaction : 


[I]l est important de rappeler qu’il s’agit d’adolescentes, généralement plus en quête de provocation que d’identification sur les réseaux socionumériques. Leur engagement avec ces personnages est plus un jeu qu’une réelle aspiration, et nous ne devons pas étudier la réception de la dark romance chez les jeunes à travers notre prisme adulte. Au contraire, nous devons replacer leurs réactions dans leur contexte de vie, où la provocation, l’expérimentation et le besoin d’explorer des identités multiples sont des comportements courants (Bigey, 2024).


La mise en scène de soi des lectrices est encore plus vraie pour les BookTokeuses, puisque la quête du plus grand nombre de « j’aime » les pousse à produire des vidéos de plus en plus sensationnalistes. D’ailleurs, la consommation de livres de dark romance et la mise en scène qu’en font les lectrices peut trouver des liens avec la consommation de produits tabous. Le tabou est « une production culturelle […] qui édicte des interdits comportementaux et/ou conversationnels, associés chez l’individu à une ambivalence affective, et dont la transgression est susceptible de provoquer des sanctions […] » (Sabri et al., 2010, p. 60). Alors que le tabou peut représenter un frein à la consommation en raison de la sanction qui peut parfois s’ensuivre, il peut aussi, au contraire, produire une fascination de l’interdit qui entraîne plaisir et excitation (Sabri et al., 2010, p. 79). La violation du tabou suscite alors l’intérêt, et c’est en ce sens qu’il faut comprendre la curiosité des jeunes lectrices pour les romans de dark romance, où les trigger warnings agissent comme une liste des tabous abordés dans l’œuvre – sans parler de l’étiquette dark romance elle-même. 

Qui plus est, malgré leur reconduction de la doxa (notamment patriarcale en ce qui a trait au roman sentimental), les productions populaires mettraient toujours de l’avant un aspect subversif, voire progressiste pour les lectrices, puisque c’est en ce sens qu’elles les lisent (Radway, 1984, p. 215). Dans les romans de notre corpus, c’est parce que l’héroïne reprend le contrôle de la relation que les BookTokeuses apprécient ces œuvres : « Ces jeunes lectrices sont pleinement conscientes de leur caractère fictif, et comme lieu d’exploration, certaines voient même derrière les dark romances l’émancipation féminine : la jeune héroïne contrainte et sous emprise qui va se dégager de ce carcan et grandir » (Bigey, 2024). La pluralité des voix et les opinions divergentes sur BookTok montrent que les lectrices de romans sentimentaux forment ici une communauté, sans se présenter pour autant comme un tout homogène.


Remerciement

Je remercie la professeure Marie-Pier Luneau pour son accompagnement tout au long de mon mémoire, duquel cet article est tiré.


Bibliographie

Aifour, M. C., Lalaoui, A. et Bouchene, K. (2024). La création littéraire en mode numérique ou presque. Ziglôbitha. Revue des Arts, Linguistique, Littérature & Civilisations, (8), 239-248. https://www.ziglobitha.org/wp-content/uploads/2024/03/1

7-Art.-Adel-LALAOUI-pp.239-248.pdf. 

Babelio. (2024). Romance : les lectrices à cœur ouvert. Étude de lectorat. https://www.babelio.com/article/2658/Compte-rendu--Babelio-publie-letude-de-reference. 

Balling, G. et Martens, M. (2024). BookTok Helped Us Sell It: How TikTok Disrupts Publishing and Fuels the #Romantasy Boom. Convergence, 30(6), 1-21. https://doi.org/10.1177/13548565241301271. 

Barth-Rabot, C. (2023). La lecture. Valeur et déterminants d’une pratique. Armand Colin. 

Béja, A. (2019). La new romance et ses nuances. Marché littéraire, sexualité imaginaire et condition féminine. Revue du Crieur, 12(1), 106-121. https://shs.cairn.info/revue-du-crieur-2019-1-page-106?lang=fr. 

Bergenmar, J. (2022). Queer Literary Ecologies and Young Adult Literature. Dans D. Roig-Sanz et N. Rotger (dir.), Global Literary Studies. De Gruyter.

Bettinotti, J. (1990). La corrida de l’amour. XYZ. 

Bigey, M. et Olivier, S. (2010). Ils aiment le roman sentimental et alors ? Lecteurs d’un mauvais genre, des lecteurs en danger ?. Belphégor, 9(1). ​​ http://hdl.handle.net/10222/47779. 

Bigey, M. (2024, 28 novembre). La « dark romance » : les ambiguïtés d’un genre littéraire qui fascine. The Conversation. https://theconversation.com/la-dark-romance-les-ambigu-tes-dun-genre-litteraire-qui-fascine-241280. 

Boffone, T. et Jerasa, S. (2021). Toward a (Queer) Reading Community: BookTok, Teen Readers, and the Rise of TikTok Literacies. Talking Points, 33(1), 10-16. https://doi.org/10.58680/tp202131537. 

Boivin, K., Luneau, M.-P. et Warren, J.-P. (2025) (dir.). Le rose et le noir. Entrelacements des imaginaires sentimental et policier (XIXe-XXIe siècles). Presses de l’Université de Montréal. 

Caillou, A. (2022, 14 janvier). #BookTok, le mot-clic qui fait vendre des livres. Le Devoir. https://www.ledevoir.com/lire/660387/booktok-le-mot-clic-qui-fait-vendre-des-livres.  

Choi, A. A., Sun T. et Lee, H. (2018). Reading Marathon: Understanding the Effect of Binge Reading on User-Generated Content [communication orale]. Thirty Ninth International Conference on Information Systems, San Francisco. https://web.archive.org/web/20200324032457id_/https://aisel.aisnet.org/cgi/viewcontent.cgi?article=1220&context=icis2018. 

Couégnas, D. (1990). Introduction à la paralittérature. Seuil.

Desrochers, N. et Courchesne, S. (2025). Mots durs, mots doux. Terminologie des genres sentimental et policier en bibliothèque. Dans K. Boivin, M.-P. Luneau et J.‑P. Warren (dir.), Le rose et le noir. Entrelacements des imaginaires sentimental et policier (XIXe‑XXIe siècles). Presses de l’Université de Montréal.

Dugal, M. (2022, 27 mai). Le BDSM, une pratique sexuelle à démythifier. Radio‑Canada. https://ici.radio-canada.ca/ohdio/premiere/emissions/moteur-de-recherche/segments/chronique/403149/kink-sexe-bondage.

Florimond-Clerc, A. et Gabrysiak, L. (2025). New Romance. Anatomie d’un phénomène éditorial. Éditions de l’Université de Lorraine. 

Genon, A. (2024). Jeunes lectrices et lecteurs de Dark romance : enquête sur comment se lit la violence ? [communication orale]. Journées d’étude de l’INSPÉ, « Sujets sensibles en littérature : réceptions empiriques, nouvelles épistémologies, nouvelles pratiques d’enseignement », Université de Strasbourg.

Grégoire, É. (2025). La propulsion du roman sentimental sur l’application TikTok. [mémoire de maîtrise, Université de Sherbrooke]. SavoirsUdeS. https://usherbrooke.scholaris.ca/items/ce7e2a60-b1cf-431e-93aa-a7652ee1054c. 

Guiñez-Cabrera, N. et Mansilla-Obando, K. (2022). Booktokers: Generating and sharing book content on TikTok. Communicar, 30(71), 114-123. https://files.eric.ed.go 

v/fulltext/EJ1341310.pdf. 

Hall, S. ([1973] 2008). Codage/Décodage. Dans S. Hall, Identités et cultures. Politiques des cultural studies. Éditions Amsterdam.

Hastir, J. (2024). New Romance et Réalités entrelacées. Genre, communauté de lecture, textes. [mémoire de maîtrise, Université de Liège]. Matheo. https://matheo.uliege.be/handle/2268.2/21739.

Illouz, E. (2014). Hard romance. Cinquante nuances de Grey et nous. Seuil.

Jerasa, S. E. (2025). The #BookTok Connection: Examining Cultural and Linguistic Identity Expression in Online Reading Communities. Education Sciences, 15(2), 1-26. https://doi.org/10.3390/educsci15020234. 

Lalonde, C. (2024, 6 mars). La romance explose en littérature au Québec. Le Devoir. https://www.ledevoir.com/lire/808439/bilan-gaspard-2023-romance-explose-litteratur

e-quebec?utm_source=recirculation&utm_medium=hyperlien&utm_campaign=corps

_texte.

Lalonde, C. (2024, 12 avril). Faut-il s’inquiéter que de très jeunes lectrices lisent de la « dark romance » ?. Le Devoir. https://www.ledevoir.com/lire/810776/litterature-dark-romance-jeunes-lectrices.

Legendre, B. (2019). Ce que le numérique fait aux livres. Presses universitaires de Grenoble. 

Letourneux, M. (2017). Fictions à la chaîne : littératures sérielles et culture médiatique. Seuil.

Letourneux, M. (2025). Les couleurs du genre. Généricité et logiques éditoriales dans les productions sérielles du XXe siècle. Dans K. Boivin, M.-P. Luneau et J.-P. Warren (dir.), Le rose et le noir. Entrelacements des imaginaires sentimental et policier (XIXe‑XXIe siècles). Presses de l’Université de Montréal. 

Luneau, M.-P. et Warren, J.-P. (2022). L’amour comme un roman. Le roman sentimental au Québec, d’hier à aujourd’hui. Presses de l’Université de Montréal.

Maddox, J. et Gill, F. (2023). Assembling “Sides” of TikTok: Examining Community, Culture and Interface through a BookTok Case Study. Social Media + Society, 9(4). https://doi.org/10.1177/20563051231213565.

Martens, M., Balling, G. et Higgason, K. A. (2022). #BookTokMadeMeReadIt: young adult reading communities across an international, sociotechnical landscape. Information and Learning Sciences, 123(11/12), 705-722. https://doi.org/10.1108/ILS-07-2022-0086. 

McAlister, J. (2021). New Adult Fiction. Cambridge University Press.

Parmentier, S. (2022). Le potentiel viral des influenceurs littéraires : Le cas des BookTokeurs français. Les Cahiers du numérique, 18, 97-123. DOI:10.3166/lcn.2022.005. 

Radway, J. (1991). Reading the romance. Women, Patriarchy, and Popular Literature. The University of North Carolina Press.

Remy, J. (2022). La Critique littéraire 2.0. Analyse des communautés francophones Bookstagram et BookTok. [mémoire de maîtrise, Université de Liège]. Matheo. https://matheo.uliege.be/handle/2268.2/15426. 

Robine, N. (1998). Lecture, lectures et projet de vie ou comment lit le lecteur populaire ?. Dans D. Saint-Jacques (dir.), L’Acte de lecture. Nuit blanche éditeur.

Sabri, O., Manceau, D. et Pras, B. (2010). Le tabou, un concept peu exploré en marketing. Recherches et Applications en Marketing, 25(1), 59-86. https://doi.org/10.1177/076737011002500103.

Sansonetti, J. (2024, 25 novembre). Statistiques TikTok 2024 : nombre d’utilisateurs, chiffre d’affaires, âge, audience, etc. Wizishop. https://www.wizishop.fr/blog/chiffres-tiktok#:~:text=Statistiques%20TikTok%202024%20%3A%20nombre%20d,%2C%20%C3%A2ge%2C%20audience%2C%20etc.&text=En%202024%2C%20TikTok%20compte%20plus,aujourd%27hui%20le%20ph%C3%A9nom%C3%A8ne%20mondial.

Siguier, M. (2017). Littérature populaire et sociabilités numériques : le best-seller sur YouTube. Fixxion, 15, 130-142. https://doi.org/10.4000/fixxion.12123.

Siguier, M. (2020). Donner à voir le lecteur sur les réseaux sociaux numériques : « Bookstagram », entre nouveaux régimes de visibilité et iconographies standardisées. Études de communication, 54, 113-133. https://doi.org/10.4000/edc.10203. 

Souchier, E., Candel, É. et Gomez-Mejia, G. (2019). Le numérique comme écriture : théories et méthodes d’analyse. Armand Colin.


Corpus de fiction

Grace, H. (2023). Icebreaker. BMR-Hachette.

Hazelwood, A. (2022). L’hypothèse amoureuse. Bragelonne-Hauteville.

Hoover, C. (2018). Jamais plus. Hugo Publishing.

Huang, A. (2023). Twisted Love. Hugo Publishing.

Rivens, S. (2021). Captive. BMR-Hachette.



[1] Cet article est tiré des résultats de notre mémoire de maîtrise. Grégoire, É. (2025). La propulsion du roman sentimental sur l’application TikTok. [mémoire de maîtrise, Université de Sherbrooke]. SavoirsUdeS. https://usherbrooke.scholaris.ca/items/ce7e2a60-b1cf-431e-93aa-a7652ee1054c.  

[2] New adult dans le monde anglophone, new romance étant un label déposé par la maison d’édition française Hugo, remplaçant peu à peu l’appellation new adult dans le monde francophone.

[3] Comme la majorité du lectorat de romans sentimentaux est composé de lectrices, et que la plus grande partie des influenceurs littéraires sur TikTok sont des influenceuses (Parmentier, 2022, p. 106), nous avons choisi de féminiser pour l’ensemble de l’article. L’attention portée spécifiquement aux lectrices de romans sentimentaux exclut la parole de la minorité de BookTokeurs masculins, qui critiquent particulièrement les romans sentimentaux queers. Voir à ce sujet Bergenmar, J. (2022). Queer Literary Ecologies and Young Adult Literature. Dans D. Roig-Sanz et N. Rotger (dir.), Global Literary Studies. 61-83. De Gruyter; Boffone, T. et Jerasa, S. (2021). Toward a (Queer) Reading Community: BookTok, Teen Readers, and the Rise of TikTok Literacies. Talking Points, 33(1), 10-16. https://doi.org/10.58680/tp202131537.  

[4] Créée en 2016 par la compagnie chinoise ByteDance, l’application TikTok permet de regarder des vidéos d’une durée variant entre trois secondes et dix minutes, le format misant surtout sur la rapidité et la brièveté des publications (Sansonetti, 2024). 

[5] Pour en savoir plus sur les pratiques du BookTok, voir notamment Balling, G. et Martens, M. (2024). BookTok Helped Us Sell It: How TikTok Disrupts Publishing and Fuels the #Romantasy Boom. Convergence, 30(6), 1-21. https://doi.org/10.1177/13548565241301271; Boffone, T. et Jerasa, S. (2021). BookTok 101: TikTok, Digital Literacies and Out-of-School Reading Practices. Journal of Adolescent & Adult Literacy, 65(3), 219-226. https://doi.org/10.1002/jaal.1199; Caillou, A. (2022, 14 janvier). #BookTok, le mot-clic qui fait vendre des livres. Le Devoir. https://www.ledevoir.com/lire/660387/bookt 

ok-le-mot-clic-qui-fait-vendre-des-livres; Guiñez-Cabrera, N. et Mansilla-Obando, K. (2022). Booktokers: Generating and sharing book content on TikTok. Communicar, 30(71), 114-123. https://file 

s.eric.ed.gov/fulltext/EJ1341310.pdf; Jerasa, S. E. (2025). The #BookTok Connection: Examining Cultural and Linguistic Identity Expression in Online Reading Communities. Education Sciences, 15(2), 1-26. https://doi.or g/10.3390/educsci15020234; Maddox, J. et Gill, F. (2023). Assembling “Sides” of TikTok: Examining Community, Culture and Interface through a BookTok Case Study. Social Media + Society, 9(4). https://doi.org/10.1177/20563051231213565. Pour en savoir plus sur les statistiques d’utilisation, voir Sansonetti, J. (2024, 25 novembre). Statistiques TikTok 2024 : nombre d’utilisateurs, chiffre d’affaires, âge, audience, etc. Wizishop. https://www.wizishop.fr/blog/chiffres-tiktok#:~:text=Sta 

tistiques%%202024%20%3A%20nombre%20d,%2C%20%C3%A2ge%2C%20audience%2C%20etc.&text=En%202024%2C%20TikTok%20compte%20plus,aujourd%27hui%20le%20ph%C3%A9nom%C3%A8ne%20mondial.  

[6] Goodreads fut racheté par Amazon en 2013. En ce sens, nous comprenons que l’algorithme de Goodreads pourrait favoriser certaines productions dans le but de générer des ventes sur Amazon, et vice-versa. Cependant, le système algorithmique est également au cœur du fonctionnement de TikTok, ce qui « renforc[e] la visibilité de la production qui est déjà la plus repérée » (Legendre, 2019, p. 69). Nous jugeons donc que, malgré ces biais apparents, la sélection est bel et bien représentative des œuvres de new romance et dark romance les plus en vogue sur l’application. 

[7] Pour consulter la grille complète, voir Grégoire, É. (2025). La propulsion du roman sentimental sur l’application TikTok. [mémoire de maîtrise, Université de Sherbrooke]. SavoirsUdeS. https://usherbrooke.scholaris.ca/items/ce7e2a60-b1cf-431e-93aa-a7652ee1054c, 200-201. 

[8] Le manque de données sur les lectrices représente une des limites de cette recherche. En effet, il est difficile de dire à quel point les propos recueillis sont représentatifs de la diversité de la communauté BookTok. Par exemple, il est démontré que l’algorithme TikTok ne pousse pas le contenu des créatrices racisées (Maddox et Gill, 2023, p. 9). On peut donc se questionner sur l’influence de l’algorithme sur notre propre échantillon de lectrices, sans doute pas tout à fait représentatif de la diversité de genre, d’âge et d’origine ethnique se retrouvant sur l’application. Pour tenter de contourner cette limite, nous avons bonifié l’échantillon en l’élargissant à plusieurs nations de la francophonie (Québec, France, Belgique), mais comme la nationalité des lectrices est très rarement mentionnée, cette limite ne peut pas être totalement contournée. 

[9] BookTokeuse 24. Par respect, nous avons choisi de taire le nom des BookTokeuses. 

[10] BookTokeuse 6. 

[11] BookTokeuse 31.

[12] Comme un des comptes de notre échantillon a été supprimé entre la sélection et la compilation des résultats, nous ne pouvons offrir de données pour ce dernier, d’où la somme de 46 au lieu de 47 comptes.

[13] Ces chiffres sont en date du 28 avril 2025. 

[14] BookTokeuse 18, 14 août 2023.

[15] BookTokeuse 37, 22 septembre 2022.

[16] BookTokeuse 37, 18 juillet 2023. 

[17] BookTokeuse 9, 29 mars 2024 et BookTokeuse 38, 29 août 2022. 

[18] BookTokeuse 7, 20 octobre 2023.

[19] BookTokeuse 19, 25 décembre 2023. 

[20] BookTokeur 38, 10 octobre 2022.

[21] BookTokeuse 21, 29 décembre 2022.

[22] BookTokeuse 45, 13 mars 2023.

[23] BookTokeuse 8, 23 septembre 2022.

[24] BookTokeuse 41, 8 novembre 2022.

[25] BookTokeuse 1, 18 février 2024 et BookTokeuse 37, 18 juillet 2023. 

[26] BookTokeuse 32, 21 février 2024.

[27] BookTokeuse 1, 25 novembre 2023.

[28] BookTokeuse 29, 31 janvier 2023.

[29] BookTokeuse 29, 31 janvier 2023.

[30] BookTokeuse 32, 21 février 2024. 

[32] BookTokeuse 24, 20 juillet 2024.

[33] BookTokeuse 28, 25 janvier 2024. 

[34] BookTokeuse 3, 4 septembre 2023. 

[35] BookTokeuse 24, 20 juillet 2024.

[36] BookTokeuse 24, 20 juillet 2024.

[37] BookTokeuse 6, 17 juin 2024.

[38] BookTokeuse 45, 13 mars 2023. 

[39] BookTokeuse 43, 17 novembre 2024.

[40] BookTokeuse 37, 25 avril 2022.

[41] BookTokeuse 23, 30 août 2023. 

[42] BookTokeuse 37, 29 août 2022. 

[43] BookTokeuse 46, 23 septembre 2023. 

[44] BookTokeuse 30, 2 décembre 2022.

[45] Julia Bettinotti remarque que, dans le roman Harlequin, la dimension éducative, portée par le motif du voyage (explications des us et coutumes d’un autre pays, de sa géographie, de sa faune, etc.), venait contrebalancer la culpabilité ressentie par les lectrices, qui dérobaient du temps aux tâches ménagères et à la famille en lisant. La pédagogie par le voyage rendait donc ce passe-temps « utile », et justifiait le moment de lecture, puisque les lectrices y apprenaient quelque chose (Bettinotti, 1986, p. 54). Nous reprenons cette idée de dimension pédagogique ici, bien qu’elle ne passe pas par le motif du voyage. 

[46] BookTokeuse 34, 15 mars 2024.

[47] BookTokeuse 20, 8 mars 2024.

[48] BookTokeuse 37, 18 juillet 2023.

[49] BookTokeuse 19, 13 mai 2024.

[50] BookTokeuse 21, 6 janvier 2023.

[51] BookTokeuse 37, 7 septembre 2022.

[52] BookTokeuse 28, 9 janvier 2024.

[53] BookTokeuse 16, 6 janvier 2023.

[54] BookTokeuse 29, 8 décembre 2022.

[55] En effet, l’utilisatrice moyenne y passerait 2,24 heures par jour (Sansonetti, 2024).

[56] BookTokeuse 29, 25 mai 2023. 

[57] BookTokeuse 10, 4 novembre 2024.

[58] BookTokeur 38, 28 mai 2023.

[59] BookTokeuse 42, 22 août 2023.

[60] BookTokeuse 35, 28 octobre 2023. 

[61] BookTokeuse 35, 28 octobre 2023.

[62] BookTokeuse 37, 17 juillet 2022.

[63] BookTokeuse 13, 19 septembre 2023. 

[64] BookTokeuse 36, 16 décembre 2022.

[65] « create […] stock descriptions and formulaic characterizations that reconfirm reader expectations over and over again ». (Radway, 1984, p. 196)

[66] BookTokeuse 19, 13 mai 2024 et BookTokeuse 33, 23 mai 2023.

[67] BookTokeuse 44, 18 octobre 2022.

[68] BookTokeuse 32, 21 février 2024.

[69] BookTokeuse 36, 16 décembre 2022.

[70] BookTokeuse 3, 4 septembre 2023.

[71] BookTokeur 38, 28 mai 2023.

[72] BookTokeuse 37, 11 octobre 2022.

[73] BookTokeuse 24, 20 juillet 2024.

[74] BookTokeur 38, 23 juillet 2023.

[75] BookTokeuse 3, 9 janvier 2024. 

[76] BookTokeur 38, 28 mai 2023.

[77] BookTokeuse 1, 18 février 2024.

[78] « Cependant, […] la vigilance du héros […] provient d’une douleur passée, causée par une femme, et dans la suspicion générale qu’il en a tirée à l’égard de toutes les autres. Ainsi la lectrice comprend-elle que la douceur qu’elle croit discerner sous l’armure de sa virilité finira inévitablement par se révéler, le jour où il saura de nouveau accorder sa confiance et son amour à une femme véritablement juste […] ». Nous traduisons. 

[79] BookTokeuse 36, 16 décembre 2022.

[80] BookTokeuse 33, 30 janvier 2023. 

[81] BookTokeuse 4, 2 janvier 2023.

[82] BookTokeuse 20, 8 mars 2024.

[83] Janice Radway nomme « romans sentimentaux ratés » (failed romances) les romans sentimentaux qui ont déplu au groupe de femmes qu’elle étudie, les Smithton women. Les raisons de ce dédain sont diverses, mais peuvent trouver leur origine dans le fait que les peurs et préoccupations des lectrices, formulées et résolues par le happy end dans les romans sentimentaux « réussis », ne le sont pas dans ceux « ratés ». À ce sujet, voir le chapitre 5 de l’ouvrage de Radway : Radway, J. (1991). The Failed Romance. Too Close to the Problems of Patriarchy. Dans Radway, J. Reading the romance. Women, Patriarchy, and Popular Literature. The University of North Carolina Press. 

[84] Ce n’est pas nécessairement par gêne que les BookTokeuses se refusent d’aborder clairement les scènes sexuelles. En effet, en raison des normes d’utilisation et du guide de conduite de TikTok, les BookTokeuses ne peuvent pas parler de scènes sexuelles en utilisant des mots explicites, sinon leurs vidéos seraient supprimées. 

[85] BookTokeuse 19, 25 décembre 2023.

[86] BookTokeuse 33, 14 octobre 2022.

[87] BookTokeuse 13, 13 mai 2024.

[88] BookTokeuse 16, 6 janvier 2023.

[89] BookTokeuse 19, 25 décembre 2023.

[90] BookTokeur 38, 14 décembre 2023.

[91] BookTokeuse 18, 10 juillet 2023.

[92] BookTokeuse 47, 29 novembre 2024. 

[93] BookTokeuse 7, 20 octobre 2023. 

[94] BookTokeuse 33, 23 mai 2023.

[95] BookTokeuse 7, 20 octobre 2023 et BookTokeur 38, 14 décembre 2023.

[96] La sexualité BDSM (bondage, discipline, domination, soumission, sadomasochisme) désigne « un ensemble de jeux sexuels caractérisés par l’érotisation de la douleur et [...] l’échange de pouvoir. [Il] est structuré autour d’une communauté d’adeptes dont les pratiques calculées, négociées et consenties fondent l’univers érotique » (Daguzan Bernier dans Dugal, 2022). Dugal, M. (2022, 27 mai). Le BDSM, une pratique sexuelle à démythifier. Radio-Canada. https://ici.radio-canada.ca/ohdio/premiere/emission 

s/moteur-de-recherche/segments/chronique/403149/kink-sexe-bondage

[97] BookTokeuse 13, 19 septembre 2023. 

[98] BookTokeuse 33, 30 janvier 2023.

[99] BookTokeuse 36, 16 décembre 2022.

[100] BookTokeuse 13, 24 septembre 2023.

[101] BookTokeuse 33, 30 janvier 2023. 

[102] BookTokeuse 33, 30 janvier 2023. 

[103] BookTokeuse 37, 6 juin 2023.

[104] BookTokeuse 33, 30 janvier 2023.

[105] La saga a débuté en 2019 sur la plateforme Wattpad (Aifour et al., 2024, p. 243).

[106] BookTokeuse 4, 2 janvier 2023.

[107] BookTokeuse 13, 19 septembre 2023. 

[108] BookTokeuse 13, 24 septembre 2023. 

[109] BookTokeuse 4, 2 janvier 2023.

[110] BookTokeuse 4, 2 janvier 2023.

[111] BookTokeuse 4, 2 janvier 2023.

[112] BookTokeuse 20, 8 mars 2024.

[113] BookTokeuse 30, 2 décembre 2022.

bottom of page